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Peur de tout

Une séance accompagnée par un praticien professionnel

Ce cas est le retranscrit d’une séance présentée en supervision individuelle par un apprenant de l’Ecole EFT France. Il s’agit donc d’une séance accompagnée par un praticien professionnel. Tous les prénoms, y compris celui de la praticienne ont été changés pour préserver l’anonymat complet de la consultante.

Notez comme le questionnement a permis de remonter directement à l'événement d'origine et limiter les tapotements EFT au seul traitement de ce souvenir. Cette séance a duré 2 heures.

Micheline est une femme octogénaire, veuve, mère de 2 enfants qui vivent loin de chez elle.

S’agissant d’un premier rendez-vous, Pauline, praticienne EFT, lui explique le fonctionnement de la technique, son utilité, son postulat de base, pourquoi on va chercher l’origine des émotions dans l’enfance, etc. Elle lui précise que le travail sur un souvenir la libérera de la charge émotionnelle contenue mais n’en altérera en aucun cas, sa mémoire.

Après avoir obtenu son approbation la séance peut commencer.

Micheline déclare : « J’ai toujours peur de tout, surtout lorsqu’il fait nuit tôt, comme en ce moment… »

Pauline débute par un questionnement visant à se faire une idée juste de la situation. Pas question ici d’interpréter ce que la personne apporte. Il est nécessaire de cerner correctement le problème et le ressenti associé différent pour chacun.

« Pensez-vous qu’il y ait quelque chose qui puissent vous empêcher de vous libérer de cette peur ?
-Non pas vraiment
-C’est alors possible qu’elle puisse disparaître là, maintenant ?
-Ça va être difficile.
-Pourquoi ?
-Parce que je crois que c’est là depuis longtemps. »

Pauline décide de traiter cette croyance limitative avant d’aller plus loin.

Même si je crois que ça va être difficile d’enlever ma peur de tout quand je suis seule, là maintenant…

Trois rondes courtes sont nécessaires pour que Micheline ne se sente plus limitée par cette croyance.

« Vous me dites que vous avez peur de tout, mais de quoi en particulier ?
-Les bruits, d’ailleurs je sursaute d’un rien.
-Quels genres de bruits ? Des bruits de pas. En en parlant, j’ai souvent l’impression que quelqu’un est entré dans ma maison, alors que je sais que je suis seule.
-Cela vous est-il déjà arrivé ?
-Non pourtant.
-Que génère cette impression ?
-J’ai peur que l’on m’agresse.
-Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?
-J’ai le sentiment que l’on veut m’arracher ce qui est à moi.
- Vous voulez dire que lorsque vous entendez des bruits qui vous font penser à des pas, vous avez le sentiment que l’on veut vous arracher ce qui est à vous. C’est ce qui vous donne cette peur que l’on vous agresse, et principalement quand il fait nuit et que vous êtes seule, c’est cela ?
-Oui c’est cela !
-Depuis quand avez-vous ce sentiment ?
-Il est encore plus fort depuis que mon mari est décédé, parce que je suis plus souvent seule.
- Voulez-vous dire que vous l’aviez déjà avant le décès de votre mari, mais qu’aujourd’hui c’est plus fort du fait que vous êtes plus souvent seule ?
-Oui.
-Et plus encore lorsque qu’il fait nuit ?
-Oui un peu plus !
- Vous parlez de peur de l’agression… cela vous est-il déjà arrivé ?
-Oui dans le métro à Paris, j’avais 22 ans, ça m’a beaucoup marqué !
-À combien cette expérience retentit-elle encore aujourd’hui ?
- À 8 !
-Pouvez-vous en parler sans trop de dérangement ?
-Oui, c’était il y a longtemps ! Mais c’est vrai qu’elle m’a marqué. »

Pauline s’assure ainsi que cet événement ne l’empêchera pas de remonter plus loin, car bien sûr le but du praticien est de mettre en évidence l’origine du problème afin d’éviter toute récidive.

« Quels liens faites-vous entre votre gêne actuelle et cette expérience ?
-La peur d’être agressée et que l’on m’arrache ce qui est à moi. J’étais dans ce couloir de métro la nuit, quand cet homme m’a agressée pour m’arracher mon sac à main. »

Pauline vient de mettre en évidence un élément déclencheur de cette peur. Elle lui explique toutefois, que cet événement bien qu’important, n’est pas à l’origine de sa peur d’aujourd’hui. En effet, un jeune adulte de 22 ans sait analyser une situation et peut relativiser une telle expérience sans nécessairement imaginer qu’elle puisse se répéter. Néanmoins, elle lui propose d’y revenir plus tard pour en vérifier l’intensité restante.

Pauline ayant maintenant identifié le fil conducteur de la peur de tout de Micheline, il est temps de remonter plus en arrière à la recherche d’un événement qui pourrait avoir inscrit en elle : « les bruits de pas déclenchent la peur que l’on m’arrache ce qui lui appartient. »

« Quand était-ce la première fois où vous avez ainsi entendu des bruits de pas avec une peur que l’on vous arrache quelque chose ? »

Après un petit instant Pauline remarque par son non-verbal, que Micheline vient de se connecter à quelque chose et l’émotion monte…

Elle utilise alors la « technique d’urgence » afin d’apaiser le surplus d’émotion pour éviter toute catharsis et surtout de faire revivre au consultant un événement douloureux.
L’EFT se distingue d’autres techniques par cette extrême douceur et son adaptabilité au profil de la personne qui consulte.
Pauline décide d’aborder ce souvenir en TTT (Tearless Technique for Traumas) technique que nous ne détaillerons pas ici car elle demande l’accompagnement d’un professionnel.

L’événement à l’origine de sa peur se dessine.

Micheline mentionne une vieille histoire qu’elle avait oubliée depuis bien longtemps.

Elle a alors 4 ans. Elle habite dans une chambre de bonne tout en haut d’un immeuble. Il n’y a qu’une seule petite pièce. Il fait nuit dehors. Alors qu’elle joue avec des bouts de bois, sa maman prend son nounours. Elle découd son dos et y cache quelques sous.

Avant de continuer, une ronde sera nécessaire quant à la peur qu’éprouve la petite fille que sa mère ne fasse mal à son ours, Gribouille.

Même si j’ai peur que maman fasse mal à Gribouille, avec son aiguille…

En EFT, nous prenons soin de traiter chaque aspect et d’avancer à pas comptés afin de libérer toutes les émotions toxiques d’un événement délicat.

Sa mère lui dit alors : « Chut, il ne faut rien dire à ton père pour l’argent que je mets dans Gribouille, d’accord ? C’est un secret, il ne faut pas que ton père le découvre ».

À 4 ans, l’enfant craint de ne pouvoir garder un tel secret et la praticienne veille à ce que cette phrase soit également travaillée jusqu’à ce que toute l’émotion soit traitée.

Même si j’ai peur de ne pas pouvoir garder ce secret…

Micheline entend des craquements, comme des pas, dans l’escalier qui monte chez eux.
Maman sursaute : « C’est ton père, monte vite là-haut (Gribouille dans ses bras) et n’en sort pas avant que je te le dise. »

Dans un coin de la chambre, une sorte de petite échelle va sous le toit. Micheline se cache dans ce réduit.

Même si j’ai très peur quand maman sursaute en entendant les bruits de pas dans l’escalier …

Même si j’ai très peur de la voix de maman quand elle me dit « c’est ton père, monte là-haut vite et n’en sors pas avant que je te le dise»


Micheline monte dans sa cachette avec Gribouille.

« Qu’est-ce que cela vous fait de monter là-haut ?
-J’aime bien être là-haut, c’est comme une cabane où je joue.
-Que se passe-t-il ensuite ? Vous avez 4 ans, vous êtes dans votre cabane avec Gribouille … Comment vous sentez-vous à ce moment-là ? »

Même si j’ai très peur que mon père découvre où je suis cachée…

Même si j’ai peur qu’il m’arrache Gribouille pour prendre l’agent…


« Que se passe-t-il après ?
-J’entends mon père qui rentre. Il crie pour demander de l’argent à maman.
-L’entendez-vous encore ?
-Oui. »

Même si j’ai peur quand Papa crie…

« Entendez-vous encore votre père crier ?
-Non.
-Y a-t-il autre chose ?
-Oui j’ai peur qu’il fasse mal à ma maman…
-Voyez-vous quelque chose de là où vous êtes ?
-Non
-Qu’est ce qui vous fait dire que votre père pourrait faire du mal à votre maman ?
-C’est la première fois que j’entends ma maman pleurer, d’ailleurs ça me fait pleurer moi aussi… »

Ce passage demande l’utilisation de la « technique d’urgence » afin d’apaiser l’émotion un peu plus haute ici.

« Peut-on continuer ?
-Oui. »

Même si j’ai peur que mon père fasse du mal à maman qui pleure…

Même si ça m’arrache le cœur d’entendre maman pleurer…


« L’entendez-vous encore ?
-Non
-Peut-on parler de vos rapports avec votre père ?
-Oui
-Quels étaient-ils ?
-Il jouait avec moi avant cette histoire. Il m’a fabriqué un coffre à jouer dans un vieux poste.
-Ok ! Que pensez-vous de votre père à ce moment-là ?
-Il est méchant !
-Ça vous fait quoi ? »

Même si je suis en colère après mon père quand il est méchant avec maman…

« Entendez-vous autre chose ?
-Non plus rien !
-Que se passe-t-il ensuite ?
-Mon père finit par partir.
-Ça vous fait quoi que votre père soit parti ? »

Même si j’ai peur que papa revienne m’arracher Gribouille quand je serai seule…

« Est-ce arrivé ?
-Non.
-Remettez-vous dans votre film. Vous avez 4 ans… que ce passe-t-il ?
-Maman vient me chercher pour me rassurer. Elle me fait des bisous. Elle me prend dans ses bras et me couche dans le lit. Elle m’embrasse et me dit « Je dois aller au travail ce soir… Si tu entends ton père remonter tu vas te cacher là-haut avec Gribouille, d’accord ? Allez maintenant dors ! »
-C’est la première fois qu’elle vous laisse seule ?
-Oui, je pense ! Parce que je ne me vois pas seule avant cette histoire.
-Ça vous fait quoi qu’elle vous laisse seule ? »

Même si j’ai très peur de rester toute seule, sans maman, dans cette pièce, il fait nuit…

Même si j’ai peur de ne pas reconnaitre les pas de papa dans l’escalier parmi tous les autres bruits…

Même si j’ai peur de m’endormir…

Même si j’ai peur de tous ces bruits, qui me font sursauter, tous ces bruits c’est les pas de mon père…


« Y a-t-il encore des bruits ?
-Non.
-Des odeurs, une sensation, ou autre chose ?
-Plus rien par contre, une odeur de javel très forte. Maman a tout nettoyé à la javel quand papa est parti. »

Même si je n’aime pas cette forte odeur de javel…

« Que se passe-t-il ensuite ?
-C’est fini maman rentre du travail !
-Que ressentez-vous maintenant quand vous pensez à cette expérience ?
-Rien du tout mais j’aurais préféré quand même ne pas l’avoir vécue. Je comprends pourquoi tous ces bruits me faisaient peur aujourd’hui. Je suis à 0. »

Toutes les phrases indiquées ont été travaillées car elles dérangeaient toujours Micheline. Elles ont été soigneusement construites avec les mots de la personne, évaluées, puis tapotées jusqu’à être à 0.

« Lorsque vous repensez à cet événement, que voyez-vous ?
-Rien !
-Ok, fermez les yeux. Vous avez 4 ans et vous habitez dans cette chambre de bonne avec votre maman. Avez-vous quelque chose ?
-Oui. Juste ma boite à jouer et Gribouille avec ses points de couture dans le dos, c’est flou.

Ces éléments ont été traités un à un. Puis Micheline s’est revue à 20 ans, tranquillement installée sur un banc de Paris.

« Revenons à votre peur d’être agressée… À combien êtes-vous maintenant?
-À 0
-Et la peur que l’on vous arrache quelque chose ?
-0
-La nuit ?
-0
-Votre peur de tous ces bruits ?
-0
-Les bruits de pas ?
-3. C’est lié, je pense à la peur que l’on me suive en entendant des pas. J’ai la sensation que c’est lié à mon agression à 22 ans.

S’agissant d’un autre événement, je lui ai proposé de revenir dessus lors d’un prochain rendez-vous.

Commentaires de Geneviève :
J’enseigne à mes étudiants de toujours vérifier l’image restante une fois le travail terminé après que toutes les émotions aient été amenées à 0. En effet, les images sont fabriquées par le cerveau émotionnel et mon expérience m’a démontré que cet ultime test révélait encore assez souvent, quelques ressentis enfouis qui n’auraient pu être neutralisés sans cette précaution.

En conclusion, vous comprendrez l’avantage de remonter le plus loin possible dans l’enfance pour y récupérer l’événement d’origine. Ce souvenir correctement traité, les remake vécus depuis se sont vus alléger des aspects identiques. Il ne reste plus qu’à les revisiter, souvent très brièvement, pour travailler les aspects propres à ces souvenirs-là.

Bien qu’il ne s’agisse pas ici d’un événement hautement traumatisant, vous conviendrez que le travail minutieux réalisé par la praticienne permet d’espérer un résultat durable dans le temps. Nul doute ici, que si un aspect avait échappé à la précision apportée dans cet accompagnement, il serait alors facile à neutraliser. 





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